À Nevers, le haut du classement DPE est presque vide

En bref
Sur les 13 362 diagnostics réalisés à Nevers, 1,2 % seulement atteignent les classes A ou B, soit environ 160 logements. La cause tient à l'âge du parc : 72 % des logements diagnostiqués sont antérieurs à 1975, et la construction postérieure à 2001 ne pèse que 6,7 %.
Un chiffre qu'on ne regarde jamais
L'attention se porte toujours sur le bas de l'échelle, les fameuses passoires classées F ou G. Nevers en compte 10,7 %, un niveau élevé.
Mais le chiffre le plus parlant est ailleurs. Seulement 1,2 % des logements nivernais atteignent les classes A ou B, soit environ 160 biens sur 13 362 diagnostics. C'est l'un des taux les plus bas que nous ayons mesurés sur notre réseau de villes.
Un écart qui saute aux yeux en comparaison
Le contraste avec d'autres villes de taille comparable est frappant. Sète affiche 18,9 % de logements classés A ou B, Agde 13,1 %, Albi 8,1 %, Bourges 5,9 %.
Nevers ferme la marche avec 1,2 %. Sur quinze logements sétois, près de trois sont dans le haut du classement ; à Nevers, il faut en visiter plus de quatre-vingts pour en trouver un.
Ce n'est pas seulement le climat
L'explication climatique existe mais ne suffit pas. Le climat nivernais, continental, impose une saison de chauffe plus longue que sur le littoral méditerranéen, ce qui pénalise mécaniquement les consommations conventionnelles.
Ce facteur joue sur les passoires, il n'explique pas l'absence de classes A et B. Atteindre une classe A ne dépend pas du climat mais de la performance intrinsèque de la construction, et cette performance est arrivée avec les réglementations récentes.
La vraie raison : Nevers a peu construit récemment
En triant les diagnostics par période de construction, la cause apparaît nettement.
Les logements postérieurs à 2001 ne représentent que 892 diagnostics, soit 6,7 % du parc. Dans le détail : 227 pour 2001-2005, 308 pour 2006-2012, 357 pour 2013-2021. À l'inverse, le bâti antérieur à 1975 pèse 72 % du parc avec 9 611 diagnostics.
Or c'est précisément la construction récente qui produit les classes A et B. Le peu que Nevers en compte le confirme : sur la génération 2013-2021, 16,5 % des logements sont classés A ou B. Le potentiel existe, il concerne simplement très peu de biens.
Le bâti d'avant 1948, l'autre extrémité
Symétriquement, le segment le plus ancien concentre les difficultés. Les 4 246 logements nivernais antérieurs à 1948 affichent 21,1 % de passoires, soit un sur cinq.
C'est le double de la moyenne communale. Ce parc, largement présent dans le centre ancien et les faubourgs, n'a reçu aucune isolation d'origine et précède de plus de vingt-cinq ans la première réglementation thermique de 1974.
Ce que ça change quand on vend à Nevers
La conséquence est paradoxale et plutôt favorable au vendeur. Un acquéreur nivernais ne compare pas votre bien classé D à un appartement neuf classé B : ce dernier n'existe quasiment pas sur le marché local.
Dans une ville où l'écrasante majorité du parc se situe en D et E, un logement classé D est au-dessus de la moyenne locale. C'est un argument à formuler explicitement, plutôt que de laisser l'acheteur importer des références vues ailleurs. Comprendre les classes du DPE permet de situer honnêtement son bien.
Mais le calendrier réglementaire, lui, est national
L'avantage local s'arrête là, et c'est important de le dire. Le calendrier d'interdiction de location des logements les moins performants s'applique de la même façon partout en France.
Un logement nivernais classé G est traité exactement comme un logement classé G à Sète, sans considération pour la structure du marché local ni pour le climat. Avec 10,7 % de passoires, Nevers compte donc un nombre significatif de biens concernés par ces échéances.
Où se situe le potentiel de progression
Sur un parc majoritairement en D et E, le gain le plus accessible n'est pas d'atteindre une classe A, objectif hors de portée sur du bâti ancien sans rénovation lourde.
Il est de franchir un cran, de E vers D ou de D vers C. Sur les générations dominantes de Nevers, les leviers habituels sont la toiture et les combles, puis les menuiseries avec la ventilation traitée dans le même chantier. Un audit énergétique chiffre ces postes sur le bâti réel plutôt que d'appliquer une règle générale.
La vérification qui précède tout
Avant d'engager quoi que ce soit, regardez la date de votre diagnostic. S'il précède le 1er janvier 2026 et que le logement est chauffé à l'électricité, le coefficient de conversion est passé de 2,3 à 1,9 depuis : l'ancien document sous-estime votre bien.
Sur un parc où beaucoup de logements sont proches d'un seuil, ce seul changement de règle suffit parfois à faire apparaître un cran de mieux. Le reste suit le dossier de vente habituel, avec l'état des risques à vérifier par adresse.
Questions fréquentes
Pourquoi si peu de logements classés A ou B à Nevers ?
Parce que la ville a peu construit récemment : les logements postérieurs à 2001 ne représentent que 6,7 % du parc diagnostiqué. Or ce sont les constructions récentes, soumises aux réglementations thermiques modernes, qui produisent ces classes.
Est-ce le climat qui explique ce résultat ?
Le climat continental pénalise les consommations et donc les passoires, mais il n'explique pas l'absence de classes A et B. Atteindre une classe A dépend de la performance intrinsèque de la construction, pas de la région.
Un logement classé D est-il correct à Nevers ?
Il est au-dessus de la moyenne locale, l'essentiel du parc se situant en D et E. C'est un argument de vente à formuler explicitement, puisque l'acquéreur ne trouvera quasiment pas de neuf bien classé sur ce marché.
Le calendrier des passoires tient-il compte du marché local ?
Non. Les échéances d'interdiction de location s'appliquent uniformément sur le territoire. Un logement nivernais classé G est traité comme un logement classé G ailleurs, sans considération de climat ni de structure de marché.
Sources officielles
- Service-Public.fr : Diagnostic de performance énergétique (DPE) · Obligations, validité et contenu du DPE.
- ADEME : Observatoire des DPE et audits · Statistiques publiques des DPE réalisés en France.
- Géorisques (ministère de la Transition écologique) · État des risques par adresse (inondation, argiles, termites, radon).
- Annuaire officiel des diagnostiqueurs certifiés · Vérifier la certification d'un diagnostiqueur.